Exhibitronic — 15 ans d’arts sonores et de musiques électroniques
Strasbourg, 2010–2025. Un festival né d’un collectif international de compositeurs, devenu un rendez-vous incontournable de la création électronique — porté par l’association U.T et son laboratoire Studio Lab’ut.
Synthèse
Né en 2010 au Conservatoire de Strasbourg, sous l’impulsion d’un collectif de jeunes compositeurs internationaux — l’État Latent — réunissant Nikolet Burzyńska, Svetlana Abracheva, Kalina Swiatnicka, Santiago Pinaud-Moreno, Clara Olivares, Christian Wenzel et Yérri-Gaspar Hummel, le festival Exhibitronic est né d’une conviction simple : donner à voir et à entendre les musiques électroniques et les arts sonores portés par une génération de créateurs en recherche perpétuelle de nouveaux langages.
Depuis sa première édition en 2011, le festival s’articule autour de trois piliers : la performance (concerts, installations, performances audiovisuelles), la pédagogie (ateliers, résidences, workshops) et la création (Open Call, appel à projets ouvert aux jeunes artistes). Porté par l’association U.T et son laboratoire Studio Lab’ut, Exhibitronic a organisé quinze éditions entre 2011 et 2025, se réinventant chaque année tout en conservant ce triptyque fondateur.
En quinze ans, le festival est passé d’un événement étudiant confidentiel à un rendez-vous structuré de la scène strasbourgeoise : de quelques dizaines de festivaliers lors des premières éditions à plus de 1 500 festivaliers réunis en 2018 autour de 18 événements dans 12 lieux, sur 16 jours. L’édition anniversaire de 2020, célébrant les dix ans du festival, a marqué un tournant : environ 1 000 festivaliers réunis malgré la crise sanitaire, mais aussi 40 000 vues en streaming et près de 200 000 vues cumulées sur les publications numériques du festival.
La onzième édition (2021) a confirmé cette dynamique avec près d’un millier de festivaliers, 50 artistes et 83 personnes mobilisées (techniciens, administrateurs, bénévoles), et une programmation marquée par une recherche de parité (23 intervenantes pour 27 intervenants). Les éditions suivantes ont poursuivi cette trajectoire jusqu’à la quinzième édition en 2025.
Cumulées sur l’ensemble de son histoire, ces quinze éditions et plus représentent aujourd’hui plus de 20 000 festivaliers, plus de 35 pays différents invités à la programmation, et plus d’1 million de vues croisées sur l’ensemble des réseaux du festival — un rayonnement construit avec l’appui de réseaux professionnels comme la PfMC° (Plateforme des musiques de création du Grand Est) et Futurs Composés.
Rayonnement international
Dès l’origine, Exhibitronic porte l’international dans son ADN : le collectif fondateur l’État Latent réunissait déjà, au sein du Conservatoire de Strasbourg, des compositeurs venus de Pologne, du Chili, de Colombie, d’Allemagne et de France — une génération de « citoyens du monde » décidée à faire de Strasbourg, carrefour de l’Europe, une plateforme de cohésion entre artistes de toutes origines.
Cette ambition s’est vérifiée dans les chiffres : le nombre de pays représentés dans la programmation et le public du festival est passé de 7 pays en 2011 à 35 pays en 2018, signe d’un rayonnement multiplié par cinq en moins d’une décennie.
Le festival a accueilli des figures majeures de la scène électronique internationale : le duo allemand Ganzfeld, Robert Henke (légende berlinoise de la musique électronique, cofondateur de Monolake), le guitariste Duncan Pinhas, ou encore les chercheuses américaines Diana Deutsch et Dolores Catherino, pionnières de la recherche acoustique, intervenues en direct depuis les États-Unis. La carte blanche offerte par l’Opéra national du Rhin dans le cadre d’ARSMONDO a permis de mettre à l’honneur le compositeur argentin Alejandro Viñao.
La dimension franco-allemande occupe une place particulière dans cette ouverture : partenariats avec le Goethe Institut et le Centre Culturel Franco-Allemand de Karlsruhe, jusqu’à la collaboration inédite Into The Open x Exhibitronic en 2024 — un programme soutenu par le fonds Creative Europe de l’Union européenne, réunissant la Fondation Ernst-von-Siemens (Suisse), Impuls Neue Musik et RCCR Projects GmbH (Allemagne), déployé entre la Manufacture des Tabacs et l’église Saint-Guillaume. Chaque édition explore aussi, à travers ses thématiques, d’autres scènes électroniques du monde : la 14ᵉ édition (2024) a consacré un volet à la musique électroacoustique cubaine, retraçant l’histoire de pionniers comme Juan Blanco depuis 1961.
Un réseau de studios et structures partenaires s’est construit à l’échelle internationale : le CNCM Césaré (Reims) et La Muse en Circuit (Alfortville) en France, Musiques & Recherches en Belgique, la Technische Universität de Berlin, l’Université de Montréal, la Hochschule für Musik de Karlsruhe et de Freiburg — ainsi que les réseaux Muslab (Mexique) et Bien Entendu.
Construction d’une identité forte localement
Si Exhibitronic regarde vers le monde, il n’a jamais quitté Strasbourg. Le festival a occupé, au fil de ses quinze éditions, certains des lieux les plus emblématiques de la ville : la cathédrale de Strasbourg, où s’est tenu en 2012 le tout premier concert de guitare électrique de son histoire ; la place du Marché à Neudorf, avec l’installation sonore pérenne Syneson de Philippe Lepeut ; l’Aubette 1928 et le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS), qui ont accueilli le cœur de la 8ᵉ édition ; le Shadok, la Kulture, le cinéma Star puis le cinéma Odyssée, le Phare Citadelle, ou encore le quartier de Hautepierre avec le collectif Horizome. Depuis son installation à la Manufacture des Tabacs, Studio Lab’ut dispose d’un lieu de production mutualisé, ancré à l’année dans le tissu strasbourgeois.
Cet ancrage se construit main dans la main avec les institutions et les établissements d’enseignement de la ville : la Haute école des arts du Rhin (HEAR) et son département arts sonores, le Conservatoire de Strasbourg où tout a commencé, l’Université de Strasbourg et son service universitaire, le CROUS, mais aussi les Musées de la Ville de Strasbourg, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, la Région Grand Est et la DRAC Grand Est — soutiens réguliers depuis les premières éditions. Le programme « Strasbourg aime ses étudiants » et l’implication de plusieurs UFR (Arts, Droit, Médecine, Science politique) témoignent d’un ancrage qui dépasse le seul champ artistique.
Le laboratoire Lab’ut prolonge cette présence toute l’année, hors les murs du festival : ateliers de recherche, résidences croisées avec le CNCM Césaré de Reims, restitutions publiques comme le concert du Scratch Modular Orkestra, fruit de quatre mois de travail entre adhérents et étudiants du département arts sonores de la HEAR. Chaque édition mobilise une équipe grandissante de bénévoles et d’étudiants — de 20 bénévoles en 2016 à 60 postes en 2018, jusqu’à 72 étudiants engagés dans les seuls workshops — formant une chaîne de transmission entre générations de créateurs.
Les artistes d’Exhibitronic
Plus de cent artistes, compositrices et compositeurs, performeuses et performeurs ont fait vivre Exhibitronic depuis sa création. Cette liste, reconstituée à partir des bilans, biographies et pages d’archives du festival, n’est pas exhaustive — certains programmes complets n’existent qu’en version imprimée ou scannée. Les noms soulignés renvoient vers le travail de l’artiste.
Par souci de respect de la vie privée, cette liste ne comporte aucune mention de genre ou d’identité individuelle : le festival publie uniquement, dans ses bilans, des chiffres globaux de parité par édition (ex. 23 intervenantes / 27 intervenants en 2021).
Collectif fondateur — l'État Latent (2010)
- Nikolet Burzyńska
- Svetlana Abracheva
- Kalina Swiatnicka
- Santiago Pinaud-Moreno
- Clara Olivares
- Christian Wenzel
- Yérri-Gaspar Hummel
Édition 2 — 2012
- Duncan Pinhas
- Alex Pozniak
- Bernd Härpfer
- Jung Hee Choï
- Collectif NIAXE
Édition 4 — 2014
Édition 5 — 2015
Édition 6 — 2016
- Alexis Langevin-Thétrault
- Mario Mary
- Estelle Schorpp
- Rafael Munoz
Édition 7 — 2017
Édition 8 — 2018
- Evelyne Gayou
- DJ Madpressure
- Leonardo Espejo
- Eryck Abecassis
- Troopers
- Müeslim
- Rocío Cano Valiño
- Jean-Basile Sosa
- Gustavo D. Chab
- Daniel Mayer
- Chris Bevan
Édition 9 — 2019
Édition 10 — 2020 (10 ans)
Édition 11 — 2021
- Oh Eun Lee
- Hélène Schwarz
- Abla Alaoui
- Perrine Pateyron
- Sébastien Petit
- Difracto
- Alex Augier
- Edith Azam
- Sébastien Béranger
- Alex Grillo
- Selin Altug
- Beatrice
- Ostalgie
- Nathan Misslen
- Vivi Knuchel
- Clotilde Métivier
- Marine Anstett
- Patrick Borgeat
- Lady Keijuro
- Robert Henke
- Diana Deutsch
- Dolores Catherino
- Nicolas Canot
- Joël Graz
- Ganzfeld
- FLUPKE
Édition 12 — 2022
Édition 13 — 2023
- Tomoko Sauvage
- Léopoldine HH
- Lise Barkas
- LoveMusic
- Nöxïmä Marley
- Melhankhölia Marley
- Arsène Martinet
- ZHAR
- Emilie Škrijelj
- Lê Quan Ninh
- Félix Verry
- Menthe Poivrée
- Thomas Dupouy
- Raphaël Amour Corniglion Faccioli
- Alexis Tedde
- DJ Z_EST
Édition 14 — 2024
Autres artistes présentés — dossiers d'archives et Open Call, années diverses
Carte des artistes dans le monde
16 pays documentés dans les archives, 71 mentions d’artistes au total. Cliquez ou survolez un point pour voir les artistes de ce pays et leur année de participation. Cette carte ne recense que les artistes dont le pays est explicitement mentionné dans les archives — elle ne couvre donc pas l’intégralité de la liste de la section précédente. Carte 100 % autonome (aucune ressource externe), fonctionne même hors ligne.
Cliquez sur un point de la carte pour afficher les artistes du pays correspondant.
